Pascal LIEVRE

vit et travaille à Paris

 

Pendant des années la première étape de mon travail consistait toujours à prendre le tracé de l'ombre d'un modèle et ensuite de placer à l'intérieur un collage de papiers.

J'assemblais des éléments-informations qui étaient à prendre plus dans leur forme, celle du montage que pour ce qu'ils montraient ou ne montraient pas. J'ai ainsi exécuté les portraits de personnes qui avaient toutes comme point commun d'appartenir « à des zones territoriales d'exception ›› et qui de ce fait développaient toutes des modes de résistances, résistances à la maladie (malades du S.l.D.A.), résistance à l'expulsion d'un territoire (Sans-papiers), résistance-fascination à la société marchande (rappeurs).

Depuis 1999, j'élabore le projet « Le musée des ombres ›› qui présente un ensemble d'ombres peintes sur papier issues de tableaux appartenant à la période du second millénaire.

Le musée est un processus en cours d'élaboration et sans fin, multiforme il présente des ombres d'œuvres uniques d'artistes, d'époques diverses et se déploie sur des supports différents.

Penser la représentation du point de vue du mort vivant, du fantôme ou du spectre c'est appréhender son histoire dans une relecture de la modernité et s'orienter plutôt vers une déconstruction de l'image au travers d'un affaiblissement de l'œuvre.

La puissance du sujet représenté apparaît dans sa nudité et malgré l`élimination du paysage et des couleurs, le traitement à la même échelle, elle s'en trouve renforcée.

C'est dans le lieu même de l'illusion d'un affaiblissement de la représentation par le dévoilement de ses mécanismes que mon travail se situe conduisant paradoxalement à penser l'affaiblissement du dévoilement lui-même.