Bénédicte WATINE

 

Réel et imaginaire

 

La vue est un sens qui s`affine au fil du temps : à force d’observer, de dessiner, de peindre, il devient de plus en plus aigu.

J'ai constaté que les informations affluent au rythme de ma création ; les musiciens doivent ressentir la même chose. C’est en cela que j'aime pratiquer cet art : les matières, les couleurs, les formes  donnent des joies inespérées.

Doit-on faire un parallèle entre réel et imaginaire, réalité et abstraction ? Plutôt que d’opposer ces deux concepts, observons plutôt la frontière qui les mêle : l'œuvre.

Le but de la peinture contemporaine n'est pas de faire de "l`abstrait" comme certains le pensent.

Au contraire, il s’agit pour l’artiste de filtrer l’information que lui donne son œil et d'y ajouter toute sa personnalité afin de la retranscrire sur une toile. Ainsi la personne qui regarde peut ou ne peut pas recevoir cette transcription.

D'où la difficulté de communiquer.

C’est en cela que la peinture est un art difficile à partager, le nombre de paramètres étant trop important pour que la communion se fasse d’emblée.

Grace à l’étude des Techniques propres à la gravure, j’ai pu concevoir la structure de mes tableaux : je ne traduis plus la réalité. Je l'oublie un peu pour recréer une image plastique qui, en animant mon imagination, et après plusieurs étapes, retrouve son sens initial.

L'histoire de la peinture est une boucle, un aller-retour permanent entre le réel et l’imaginaire.

Un champ énorme s'offre pour intérioriser afin de recréer et non pas reproduire ce que l'on voit, tel est le rôle du peintre. Il doit faire un don au spectateur et espérer toucher ainsi son for intérieur.

Puissiez-vous recevoir ce cadeau.

Bénédicte WATINE